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17 févr. 2015

Semaines 16 et 17 - Du 1er au 15 février 2015

Quatre mois déjà depuis l'accident. Et ce n'est qu'aujourd'hui que je constate des progrès autres que microscopiques (ma feuille de paperboard en témoigne) et aussi une réelle régression de la douleur (mon doloromètre m'aide à prendre du recul). Si la douleur est toujours présente, elle a tendance à diminuer et devient donc moins anxiogène.

L'essentiel de mon temps est toujours consacré à mon épaule : rééducation avec le kinésithérapeute un jour sur deux et auto-rééducation les autres jours, sans compter la recherche d'informations qui est, maintenant que j'ai trouvé des sources fiables, davantage une veille sur le sujet.

Une belle découverte

Dans la série veille, le blog d'Yves Seghin, Orthopédie pour tous, intéressera tous ceux qui souffrent de douleurs musculo-squelettiques. Aujourd'hui kinésithérapeute à Louvain la Neuve (Belgique), Yves Seghin est dans la lignée de ceux qui, abandonnés par la médecine, ont été amenés à se prendre pour objet/sujet d'étude et pour certains à élaborer leur propre approche (comme Joseph Pilates, Frederick Matthias Alexander et d'autres). Yves Seghin, lui, base sa pratique sur les travaux du Dr James H. Cyriax.

A la fois concret et documenté, son blog traite aussi de questions d'éthique et propose une vraie réflexion sur le métier de kinsésithérapeute. Cerise sur le gâteau, ses articles sont truffés de références littéraires et cinématographiques, avec un ton plein d'humanité et d'humour, comme par exemple dans ce post sur l'impassibilité ou celui-ci sur la consultation. Passionnés et volontiers iconoclastes, ses articles sont toujours informatifs. A titre d'exemple, il cite cette phrase à propos de certains professionnels : « Ils croient qu’ils savent, mais ils ne savent pas qu’ils croient ». Je suis particulièrement sensible à ce qu'il dit à propos de la douleur et bien sûr de l'épaule. J'aime aussi qu'il utilise les vidéos d'Anatomie 3D de Lyon 1, dont je suis une fan (voir la rubrique Liens utiles). Je reposte d'ailleurs ici cette vidéo d'Anatomie 3D :


Voir aussi la rubrique Liens utiles pour retrouver la chaîne vidéo d'Anatomie 3D


Deuxième visite post-opératoire

J'ai vu le chirurgien début février pour la deuxième visite post-opératoire. Le suivi consiste à voir le chirurgien 45 jours après l'opération (pour enlever l'attelle), soit pour moi le 2 décembre, puis 2 mois plus tard. Je le reverrai dans trois mois pour la troisième visite. Sa réponse à mes deux questions :  La douleur incessante est-elle "normale" ? Mon amplitude de mouvement à ce stade est elle "normale" aussi ? a été un Oui catégorique, mais sans aucune explication. Il m'a simplement indiqué qu'il demandait au kinésithérapeute d'intensifier la rééducation et il a prescrit 30 séances supplémentaires. Bien sûr, j'aurais aimé qu'il me dise pourquoi il écartait tout risque de capsulite ou de calcification (mes deux craintes), mais j'ai renoncé à tenter un dialogue. Il a par ailleurs déclaré ma radio "parfaite" alors qu'un petit morceau d'os semble toujours détaché de la tête de l'humérus. A ma question sur ce point, il a répondu avec entrain qu'on se fichait de ce petit morceau d'os. Il a dû trouver, devant ma mine déconfite, que je manquais singulièrement d'humour.

Cartoon
Vu dans une présentation de Lennard Funk
"Il a l'air grincheux comme ça, mais il a un bon coeur :
on lui a fait une IRM pour s'en assurer."
Je n'ai aucun doute sur les compétences techniques de ce chirurgien, bien qu'en fait je n'aie aucun moyen d'en juger objectivement : ça relève plutôt du feeling à travers son attitude, ce qu'il dit sur son site ou les commentaires que j'ai pu entendre à la clinique où j'ai été opérée. Je suis aussi persuadée qu'il fait ce qui lui semble le meilleur pour le bien du patient lors du suivi opératoire. Mon impression est que les soignants que je côtoie ont la conviction que moins le patient en sait sur son état, meilleures seront ses chances de guérir : la confiance aveugle serait donc favorable à la guérison.  Peut-être d'ailleurs que pour certains c'est vrai. Mais les autres aimeraient aussi être entendus.

J'espère que les relations patient-médecin évolueront vers un meilleur dialogue, comme celui préconisé par les équipes de Shoulderdoc et grâce à l'action d'associations comme le CISS qui oeuvre à représenter les usagers du système de santé.

La rééducation

En cabinet

J'arrive au terme des 30 premières séances prescrites par le chirurgien au sortir de l'attelle, début décembre. Je vois le kinésithérapeute trois fois par semaine et les séances consistent encore principalement en mobilisation passive.

L'auto-rééducation

Je la fais systématiquement les jours sans séances chez le kinésithérapeute. Je mixe les deux routines que j'ai élaborées (décrites dans mes posts du 29 janvier et du 26 décembre) et j'y ajoute des exercices avec une poulie d'épaule
Exercice avec la poulie d'épaule
Source : la chaîne YouTube de Lennard Funk (le chirurgien orthopédiste fondateur de Shoulderdoc)


Du côté des people

Helen Mirren trébuche
Les gens comme vous et moi ne sont pas les seuls à tomber et à se casser : on l'a vu avec Bono ou Lorànt Deutsch. Ces jours-ci, c'est la grande Helen Mirren qui a chuté au festival de Berlin, sans bobo, heureusement ! 



29 janv. 2015

Semaines 14 et 15 - Du 19 au 31 janvier 2015

L'auto-rééducation

Mes accessoires

Je consacre beaucoup de temps à l'auto-rééducation et j'utilise quelques accessoires que j'avais déjà ou dont j'ai fait l'acquisition pour la circonstance : 
Le Back Nodger sert à venir à bout, tout seul, sans l'aide d'un thérapeute, des "noeuds" dans les muscles (en anglais, les trigger points). Voici comment s'en servir :


Bien sûr, on peut parfaitement faire sa rééducation sans tous ces accessoires, en utilisant seulement la gravité, son bras valide, un mur ou une porte, ou encore des objets de la vie quotidienne comme une serviette de toilette (pour les glissés sur une table). Par ailleurs, il va sans dire qu'idéalement c'est le kinésithérapeute qui devrait prescrire les exercices à faire à la maison, en précisant le nombre de répétitions et le nombre de séries. De même, il devrait indiquer les mouvements qui sont à éviter.

Ma nouvelle routine

Grâce à Shoulderdoc, et notamment à mon Shoulder Exercise Book, je fais évoluer mon programme d'exercices : jusqu'à présent, il ne visait que la mobilité. J'y ajoute des exercices de renforcement musculaire et de proprioception :

Auto-rééducation : exercices de mobilité

Auto-rééducation : exercices de renforcement musculaire


Comme précédemment, j'ai réuni ces exercices en provenance de la chaîne YouTube de Lennard Funk (le chirurgien orthopédiste fondateur de Shoulderdoc) dans une playlist, pour les visionner avec davantage de confort :



Mon instrument de mesure

J'ai la nette impression de ne pas progresser du tout depuis plusieurs semaines en amplitude de mouvement. Bien sûr, j'arrive à réaliser des activités quotidiennes qui m'étaient impossibles au sortir de l'attelle (il y a maintenant deux mois), comme de boire en utilisant la main droite, avec encore quelque difficulté et douleur, et en baissant la tête. Mais j'ai besoin d'un moyen de mesure plus objectif et plus précis. J'ai donc collé une feuille de paper-board sur un mur sur laquelle je trace une marque en levant mon bras. Je vais essayer de patienter une semaine pour la prochaine marque, en espérant qu'elle sera au-dessus de la précédente !


Un deuxième avis ?

Un deuxième avis
Vu dans une présentation de Lennard Funk ;)
"Si vous voulez une deuxième opinion,
je serais ravi de me hasarder à une autre hypothèse."
La semaine prochaine j'ai mon deuxième rendez-vous post-opératoire avec le chirurgien. Cette fois, je n'ai que deux questions auxquelles je voudrais des réponses : La douleur incessante est-elle "normale" ? Mon amplitude de mouvement à ce stade est elle "normale" aussi ? Bien sûr, je sais que chaque patient est différent, mais au moins suis-je proche d'une certaine norme dans ma catégorie d'âge et de forme physique ? Si je n'ai pas de réponse, je chercherai un deuxième avis : je ne peux plus vivre avec cette douleur et cette inquiétude qui m'ôtent toute joie de vivre.

4 déc. 2014

Semaine 07 - 1er décembre 2014

Je passe à la deuxième phase de cette (més)aventure : le retrait de l'attelle et le début de la rééducation. Et j'ai de bonnes et de moins bonnes nouvelles !

La visite chez le chirurgien

Le penseur de Rodin
Que ressentent les statues ?
Mais d'abord, un rapide compte rendu du rendez-vous avec le chirurgien. Il a tout bonnement coupé le Dujarrier avec des ciseaux et j'ai été ravie de le voir finir à la poubelle (je ne voudrais cependant pas me montrer ingrate envers l'inventeur de ce gilet car c'est grâce à lui que mon os a cicatrisé correctement). Mes craintes à propos de manoeuvres douloureuses pour évaluer mon amplitude de mouvements du bras blessé étaient infondées, Dieu merci ! Et le retrait des agrafes est par ailleurs totalement indolore. Le chirurgien a mis un pansement à leur emplacement ; je pourrai l'enlever quarante-huit heures plus tard et doucher aussi cette zone (pour les bains, il faut attendre huit jours. Mais qui prend encore des bains aujourd'hui ?). Au sortir de l'attelle, mon bras est très douloureux et pend bizarrement, avec le coude encore à moitié plié. Cet enraidissement est normal et devrait disparaître (Mais quand ?). J'ai l'impression que mon avant-bras est en pierre et que ma peau est beaucoup trop serrée autour de l'épaule et de tout le bras.

Les réponses à mes questions

J'ai pu poser un certain nombre de mes questions au chirurgien. Pour les autres, son assistante (je suppose qu'elle est infirmière puisqu'elle est aussi en salle d'opération) me propose d'y répondre au téléphone ou par mail.

J'ai retenu ceci :

Dans des cas comme le mien, il est nécessaire de retirer le matériel une fois sur deux, pour cause de gêne du patient. Ce n'est pas anodin et ça ne se fait pas avant environ neuf mois / un an. On essaie d'ailleurs de ne retirer que les éléments qui gênent (une ou plusieurs vis ; le clou huméral étant profond, il ne devrait pas poser de problèmes).

Si au final j'arrive à lever le bras à 120°, on pourra considérer que c'est satisfaisant. Je prends ça comme une très mauvaise nouvelle. Cela dit, aujourd'hui, je ne peux le lever que de 10° grand maximum. Bien sûr, il faut que je me programme pour franchir cette barrière des 120°, quel que soit le temps que ça prendra.

Sac en papier
A mes questions sur la rééducation, le chirurgien répond qu'aucun accessoire n'est nécessaire pour les exercices à la maison et que c'est le kinésithérapeute qui me donnera les indications pour exécuter ceux-ci. Je ne relève pas d'un centre de rééducation et je peux m'adresser à un bon kiné de mon choix. Il m'indique aussi un kinésithérapeute qu'il recommande si je n'en ai pas. Il prescrit trente séances de rééducation et il me montre aussi deux mouvements à faire d'ores et déjà : détendre l'épaule blessée et laisser agir la gravité pour faire pendre le bras et, par ailleurs, prendre un petit sac dans lequel on met un peu de poids et le tenir devant soi en levant le bras (mon interprétation de cet exercice : un petit sac Sephora lesté d'une ou deux pommes).

Il me reverra dans deux mois (avec une radio de contrôle).

A mes questions concernant les références ou le contact avec d'autres patients, il répond que chaque cas est unique et qu'il vaut mieux éviter de s'égarer sur internet. End of story.

La rééducation

Le dilemme

J'ai déjà une très bonne kinésithérapeute qui m'aide en ce moment pour les douleurs de mon bras valide. J'ai confiance en elle et j'apprécie la relation que nous avons. Dans un premier temps, je décide de continuer avec elle pour la rééducation. Mais je suis d'un naturel inquiet, encore accentué dans ces circonstances, et je prends différents avis autour de moi. Après bien des hésitations, je finis par opter pour le kinésithérapeute recommandé par le chirurgien (je me dis qu'il aura un accès plus facile à celui-ci si ma rééducation ne se passe pas comme prévu). Cette fracture, c'est l'événement majeur de ma vie de patient et c'est un cas particulier (j'ai eu une fracture du sternum il y a quelques années, mais c'était du gâteau à côté de celle-ci). J'espère que ma kinésithérapeute ne m'en voudra pas trop, mais je garde un sentiment de culpabilité :(

La première séance

Mercredi : J'ai beaucoup d'appréhension, mais le contact est bon avec le kinésithérapeute. Il détend les muscles et les tissus autour du coude avec la technologie INDIBA® Activ. Concrètement, ça consiste à masser la région concernée en même temps qu'il passe une pièce, que je ressens comme assez chaude. A ma demande, je ressortirai du cabinet avec une brochure explicative sur la technologie en question (voir ici ce qu'en dit un kiné nîmois).



Il mobilise aussi légèrement mon bras et la douleur reste supportable. Il m'indique deux exercices à faire à la maison (je décide de les ajouter à ceux préconisés par le chirurgien) : le fameux pendulaire (je suis pour le moment loin de bouger le bras avec autant d'amplitude que cette jeune femme) :



et l'élévation du bras devant moi, un peu comme l'exercice du sac de pommes, mais en détendant bien le coude à chaque fois (très, très dur !).

Prochaine séance : vendredi.

La première nuit hors de l'attelle

Grosse déception : je m'attendais à un mieux-être et aussi à une diminution de la douleur, mais c'est tout le contraire. Outre les douleurs auxquelles je me suis habituée : celle due à l'enraidissement du coude et les douleurs collatérales (bras gauche, cervicales), mon épaule droite semble à nouveau être écrasée sous un camion ! Impossible de dormir en dépit des antalgiques. Je préfère me lever au bout de quelques heures pour chasser les idées noires. Debout et en activité, la douleur devient plus supportable (mais il faut bien dormir un peu !).

Je me dis que l'intérêt de ce blog pour les éventuels lecteurs récentes victimes de fractures, ce sera de voir, quelques posts plus loin, que ce n'était qu'une phase et qu'il ne faut pas désespérer.

Une note positive, quand même : c’est tout récent : je peux maintenant écrire de façon assez lisible avec ma main droite.