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17 févr. 2015

Semaines 16 et 17 - Du 1er au 15 février 2015

Quatre mois déjà depuis l'accident. Et ce n'est qu'aujourd'hui que je constate des progrès autres que microscopiques (ma feuille de paperboard en témoigne) et aussi une réelle régression de la douleur (mon doloromètre m'aide à prendre du recul). Si la douleur est toujours présente, elle a tendance à diminuer et devient donc moins anxiogène.

L'essentiel de mon temps est toujours consacré à mon épaule : rééducation avec le kinésithérapeute un jour sur deux et auto-rééducation les autres jours, sans compter la recherche d'informations qui est, maintenant que j'ai trouvé des sources fiables, davantage une veille sur le sujet.

Une belle découverte

Dans la série veille, le blog d'Yves Seghin, Orthopédie pour tous, intéressera tous ceux qui souffrent de douleurs musculo-squelettiques. Aujourd'hui kinésithérapeute à Louvain la Neuve (Belgique), Yves Seghin est dans la lignée de ceux qui, abandonnés par la médecine, ont été amenés à se prendre pour objet/sujet d'étude et pour certains à élaborer leur propre approche (comme Joseph Pilates, Frederick Matthias Alexander et d'autres). Yves Seghin, lui, base sa pratique sur les travaux du Dr James H. Cyriax.

A la fois concret et documenté, son blog traite aussi de questions d'éthique et propose une vraie réflexion sur le métier de kinsésithérapeute. Cerise sur le gâteau, ses articles sont truffés de références littéraires et cinématographiques, avec un ton plein d'humanité et d'humour, comme par exemple dans ce post sur l'impassibilité ou celui-ci sur la consultation. Passionnés et volontiers iconoclastes, ses articles sont toujours informatifs. A titre d'exemple, il cite cette phrase à propos de certains professionnels : « Ils croient qu’ils savent, mais ils ne savent pas qu’ils croient ». Je suis particulièrement sensible à ce qu'il dit à propos de la douleur et bien sûr de l'épaule. J'aime aussi qu'il utilise les vidéos d'Anatomie 3D de Lyon 1, dont je suis une fan (voir la rubrique Liens utiles). Je reposte d'ailleurs ici cette vidéo d'Anatomie 3D :


Voir aussi la rubrique Liens utiles pour retrouver la chaîne vidéo d'Anatomie 3D


Deuxième visite post-opératoire

J'ai vu le chirurgien début février pour la deuxième visite post-opératoire. Le suivi consiste à voir le chirurgien 45 jours après l'opération (pour enlever l'attelle), soit pour moi le 2 décembre, puis 2 mois plus tard. Je le reverrai dans trois mois pour la troisième visite. Sa réponse à mes deux questions :  La douleur incessante est-elle "normale" ? Mon amplitude de mouvement à ce stade est elle "normale" aussi ? a été un Oui catégorique, mais sans aucune explication. Il m'a simplement indiqué qu'il demandait au kinésithérapeute d'intensifier la rééducation et il a prescrit 30 séances supplémentaires. Bien sûr, j'aurais aimé qu'il me dise pourquoi il écartait tout risque de capsulite ou de calcification (mes deux craintes), mais j'ai renoncé à tenter un dialogue. Il a par ailleurs déclaré ma radio "parfaite" alors qu'un petit morceau d'os semble toujours détaché de la tête de l'humérus. A ma question sur ce point, il a répondu avec entrain qu'on se fichait de ce petit morceau d'os. Il a dû trouver, devant ma mine déconfite, que je manquais singulièrement d'humour.

Cartoon
Vu dans une présentation de Lennard Funk
"Il a l'air grincheux comme ça, mais il a un bon coeur :
on lui a fait une IRM pour s'en assurer."
Je n'ai aucun doute sur les compétences techniques de ce chirurgien, bien qu'en fait je n'aie aucun moyen d'en juger objectivement : ça relève plutôt du feeling à travers son attitude, ce qu'il dit sur son site ou les commentaires que j'ai pu entendre à la clinique où j'ai été opérée. Je suis aussi persuadée qu'il fait ce qui lui semble le meilleur pour le bien du patient lors du suivi opératoire. Mon impression est que les soignants que je côtoie ont la conviction que moins le patient en sait sur son état, meilleures seront ses chances de guérir : la confiance aveugle serait donc favorable à la guérison.  Peut-être d'ailleurs que pour certains c'est vrai. Mais les autres aimeraient aussi être entendus.

J'espère que les relations patient-médecin évolueront vers un meilleur dialogue, comme celui préconisé par les équipes de Shoulderdoc et grâce à l'action d'associations comme le CISS qui oeuvre à représenter les usagers du système de santé.

La rééducation

En cabinet

J'arrive au terme des 30 premières séances prescrites par le chirurgien au sortir de l'attelle, début décembre. Je vois le kinésithérapeute trois fois par semaine et les séances consistent encore principalement en mobilisation passive.

L'auto-rééducation

Je la fais systématiquement les jours sans séances chez le kinésithérapeute. Je mixe les deux routines que j'ai élaborées (décrites dans mes posts du 29 janvier et du 26 décembre) et j'y ajoute des exercices avec une poulie d'épaule
Exercice avec la poulie d'épaule
Source : la chaîne YouTube de Lennard Funk (le chirurgien orthopédiste fondateur de Shoulderdoc)


Du côté des people

Helen Mirren trébuche
Les gens comme vous et moi ne sont pas les seuls à tomber et à se casser : on l'a vu avec Bono ou Lorànt Deutsch. Ces jours-ci, c'est la grande Helen Mirren qui a chuté au festival de Berlin, sans bobo, heureusement ! 



29 janv. 2015

Semaines 14 et 15 - Du 19 au 31 janvier 2015

L'auto-rééducation

Mes accessoires

Je consacre beaucoup de temps à l'auto-rééducation et j'utilise quelques accessoires que j'avais déjà ou dont j'ai fait l'acquisition pour la circonstance : 
Le Back Nodger sert à venir à bout, tout seul, sans l'aide d'un thérapeute, des "noeuds" dans les muscles (en anglais, les trigger points). Voici comment s'en servir :


Bien sûr, on peut parfaitement faire sa rééducation sans tous ces accessoires, en utilisant seulement la gravité, son bras valide, un mur ou une porte, ou encore des objets de la vie quotidienne comme une serviette de toilette (pour les glissés sur une table). Par ailleurs, il va sans dire qu'idéalement c'est le kinésithérapeute qui devrait prescrire les exercices à faire à la maison, en précisant le nombre de répétitions et le nombre de séries. De même, il devrait indiquer les mouvements qui sont à éviter.

Ma nouvelle routine

Grâce à Shoulderdoc, et notamment à mon Shoulder Exercise Book, je fais évoluer mon programme d'exercices : jusqu'à présent, il ne visait que la mobilité. J'y ajoute des exercices de renforcement musculaire et de proprioception :

Auto-rééducation : exercices de mobilité

Auto-rééducation : exercices de renforcement musculaire


Comme précédemment, j'ai réuni ces exercices en provenance de la chaîne YouTube de Lennard Funk (le chirurgien orthopédiste fondateur de Shoulderdoc) dans une playlist, pour les visionner avec davantage de confort :



Mon instrument de mesure

J'ai la nette impression de ne pas progresser du tout depuis plusieurs semaines en amplitude de mouvement. Bien sûr, j'arrive à réaliser des activités quotidiennes qui m'étaient impossibles au sortir de l'attelle (il y a maintenant deux mois), comme de boire en utilisant la main droite, avec encore quelque difficulté et douleur, et en baissant la tête. Mais j'ai besoin d'un moyen de mesure plus objectif et plus précis. J'ai donc collé une feuille de paper-board sur un mur sur laquelle je trace une marque en levant mon bras. Je vais essayer de patienter une semaine pour la prochaine marque, en espérant qu'elle sera au-dessus de la précédente !


Un deuxième avis ?

Un deuxième avis
Vu dans une présentation de Lennard Funk ;)
"Si vous voulez une deuxième opinion,
je serais ravi de me hasarder à une autre hypothèse."
La semaine prochaine j'ai mon deuxième rendez-vous post-opératoire avec le chirurgien. Cette fois, je n'ai que deux questions auxquelles je voudrais des réponses : La douleur incessante est-elle "normale" ? Mon amplitude de mouvement à ce stade est elle "normale" aussi ? Bien sûr, je sais que chaque patient est différent, mais au moins suis-je proche d'une certaine norme dans ma catégorie d'âge et de forme physique ? Si je n'ai pas de réponse, je chercherai un deuxième avis : je ne peux plus vivre avec cette douleur et cette inquiétude qui m'ôtent toute joie de vivre.

20 janv. 2015

Semaines 12 et 13 - Du 5 au 18 janvier 2015

Assez peu de changements dans mon état en ce début d'année, marqué par les terribles attentats dans le pays. J'ai cependant pu participer à la grande marche du 11 janvier, sans trop de craintes pour mon épaule.



La quasi-panique qui m'envahissait lorsque je devais sortir a donc fini par disparaître, pour laisser place à une grande vigilance, comme par exemple le fait de marcher en regardant loin devant soi (et non ses pieds) pour anticiper les obstacles et éviter les chutes.

J'ai jusqu'à présent publié un post par semaine sur ma guérison et il est temps de passer à un rythme moins soutenu si je ne veux pas radoter sur le sujet. Je posterai donc dorénavant tous les quinze jours.

Le mental

Voici presque trois mois que je suis tombée et j'ai maintenant la certitude que la guérison va prendre beaucoup de temps. A ce jour, je peux lever mon bras à 45° devant moi et sur le côté, ce qui bien sûr me paraît très peu.

Je ne cacherai pas que je passe par des moments de très grande inquiétude : vais-je récupérer l'amplitude de mouvement que j'avais avant l'accident ou seulement récupérer une épaule fonctionnelle pour la vie quotidienne --et alors adieu mes séances de Pilates "normales" ? Je me secoue et je me redis ces bonnes paroles d'une amie : C'est 100 % de récupération qu'il est important de viser psychologiquement, ça met dans la bonne voie de la guérison. C'est l'ordre qui est donné au corps par le cerveau et ça marche !

Ce qui m'aide aussi beaucoup ce sont les blogs des personnes qui ont eu a se remettre de la même blessure. Mon préféré est celui de Pat (Shoulder Diary - From Injury to Recovery), une américaine d'une soixantaine d'années, qui a fait une mauvaise chute de bicyclette en octobre 2010. Son épaule s'est fracturée comme la mienne (tête de l'humérus en plusieurs morceaux, déplacés). Elle a été opérée quelques jours plus tard et ses os ont été fixés par une plaque et des vis. Elle a chroniqué son état pendant quatre ans, en espaçant les posts au fil du temps. Dans un post d'août 2012 (presque deux ans après son accident), elle montre ce qu'elle a récupéré comme amplitude de mouvement. Ce post (pour une raison qu'elle ignore) a généré 640 commentaires et je trouve extrêmement aidant de lire ce que tous ces blessés ont à dire. Ça peut paraître bizarre, parce que la plupart (pour ne pas dire tous) expriment la douleur, l'incompréhension, la frustration ! Serait-ce donc le malheur des autres qui serait une consolation ? Je plaisante ! Ils échangent aussi de nombreuses astuces pour se simplifier la vie, ainsi que des avis sur leur opération ou leur traitement, ou encore sur leur rééducation. Ils s'encouragent aussi les uns les autres. Du coup, on se sent moins seul !

La rééducation

C'est mon activité principale depuis que je suis sortie de l'attelle le 2 décembre.

Fréquence et durée des séances 


- En cabinet
Certains préconisent deux à trois séances d'une vingtaine de minutes par semaine. En ce qui me concerne, mon kinésithérapeute me voit trois fois par semaine pendant environ une demi-heure. J'en suis à la dix-huitième séance sur trente prescrites et pour l'instant, on travaille toujours en mobilisation passive.

- A la maison
L'auto-rééducation ne remplace pas le travail avec le kinésithérapeute, mais c'est un adjuvant important. J'essaie maintenant de faire deux séances de 20 à 30 minutes (selon les jours) et d'ajouter quelques exercices de pendulaire dans la journée. Je glace systématiquement l'épaule pendant un quart d'heure après la séance. A noter : je commence et termine toujours mes séances par le pendulaire pour chauffer mon épaule avant les exercices plus difficiles et pour la relâcher en fin de séance.

J'ajoute systématiquement ces exercices à ma routine :
Auto-rééducation
Source : site du Dr Yves Rouxel









Je garde aussi en tête que la mobilisation pendulaire cinq à six fois par jour est fondamentale pendant 3 à 5 minutes (dixit le Centre orthopédique de Provence p. 2, point 3). Le Dr Yves Rouxel préconise lui, sur son site, 10 à 15 minutes trois à quatre fois par jours. Voir aussi les conseils de l'IMMS (Institut de la Main et du Membre Supérieur).

J'ai par ailleurs acheté le Shoulder Exercise Book de Shoulderdoc. Il m'accompagnera longtemps ! J'y reviendrai dans un prochain post.

L'autonomie

J'ai bien aimé cette maxime citée par Lennard Funk (le chirurgien orthopédiste créateur du site Shoulderdoc : "Life isn't about waiting for the storm to pass. It's learning how to dance in the rain." 
Vivre sa vie, ça n'est pas attendre que l'orage passe. C'est apprendre à danser sous la pluie.

J'enfonce une porte ouverte, mais je confirme que la perte d'autonomie est sans doute un des aspects les plus pénibles de la situation. Demander ou accepter de l'aide n'est pas facile, de même qu'il est probablement tout aussi difficile pour l'entourage d'adopter la bonne posture. En creusant un peu la question, je tombe sur cet abstract d'un article :

Seniors' narratives of asking (and not asking) for help after a fall: implications for identity
PATRICIA A. MILLER,CHRISTINA SINDING,LAUREN E. GRIFFITH,HARRY S. SHANNON and PARMINDER RAINA

Les auteurs ont étudié les mécanismes d'aide informelle auprès de seniors (canadiens) ayant fait une chute les ayant conduits aux urgences. Il en ressort que l'autonomie est extrêmement importante à leurs yeux. Devoir demander de l'aide à la famille ou aux amis est perçu comme une atteinte à l'identité : on devient redevable envers les autres, on se sent diminué et un fardeau pour l'entourage. Ce n'est que lorsqu'on peut échanger de l'aide avec d'autres que celle-ci est perçue de façon positive. Certains vont même jusqu'à ne pas solliciter d'assistance alors qu'ils en ont besoin, par souci d'indépendance. L'étude attire l'attention des autorités sanitaires et des prestataires sur ce point.

Vous aimerez peut-être aussi lire cet article : Le don et le contre-don dans la relation aidant/aidé.

La douleur

Elle est toujours là, à mon grand dam (et je la consigne toujours dans mon pain diary) ! Et en dépit de tout l'arsenal législatif ou éthique que j'évoquais dans un post précédent, pour ce qui me concerne, je dois me débrouiller seule. Mais ça n'est sans doute pas une généralité : un ami me parle d'une personne en réducation pour une opération de la coiffe des rotateurs dans un hôpital breton où le mot d'ordre semble être l'écoute du patient : s'il souffre, on modifie les séances de rééducation ou on les stoppe temporairement, si le moral du patient baisse, on lui propose de la sophrologie... J'ai des envies de déménager en Bretagne !

J'avais envisagé d'essayer l'homéopathie et l'acupuncture, mais un rendez-vous auprès d'un praticien ne m'a vraiment pas convaincue. Sans doute faut-il trouver le praticien avec qui on se sent en confiance. Là encore, il faut se débrouiller seul ou en tout cas avec les ressources en ligne. Une fois de plus, c'est sur Shoulderdoc que je trouve un complément d'information : Comprendre la douleur et comment y remédier dans une vidéo d'un peu moins de 5 minutes :


Astuce : pensez à activer les sous-titres des vidéos YouTube (voir comment faire ici).

Je réalise que je n'ai pas reparlé de mes cicatrices depuis mon post du 8 décembre. Elles ne m'ont jamais fait vraiment souffrir, elles sont seulement sensibles, notamment la plus grande. J'applique toujours dessus le gel Kelo-cote deux fois par jour et la cicatrisation se passe bien.

Les célébrités aussi !

Je termine ce post avec des nouvelles des people qui ont souffert de fractures en fin d'année.

Bono
Bono d'abord : il s'est exprimé en début d'année pour dire qu'il consacrera tout le premier semestre à son rétablissement pour pouvoir assurer ensuite la tournée de U2. Il annonce aussi qu'il pourrait ne plus être capable de jouer de la guitare en raison de sa fracture du coude gauche. Il précise avec humour : "Le groupe m'a rappelé que ni eux, ni la civilisation moderne ne dépendaient de cela". That's the spirit, Bono !

Pas de nouvelles récentes de Lorànt Deutsch depuis son apparition dans l'émission de Thierry Ardisson peu de temps après son accident. Il devrait jouer au Théâtre Antoine à partir du 23 janvier, dans une pièce appelée "Le système". En regardant la bande annonce, il me semble qu'il tient son bras droit (blessé) de façon assez peu naturelle. Qu'en pensez-vous ?




Enfin, lors de la marche républicaine du 11 janvier, la Première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt (celle-là même qui avait fait le fameux selfie avec le président Obama), a fait une chute en sortant de l'Elysée. Heureusement pour elle, apparemment, rien de cassé !


4 janv. 2015

Semaine 11 - 29 décembre 2014

Les maladies viennent à cheval et s'en retournent à pied

Les changements sont minuscules à mon goût : la douleur baisse un peu (je la consigne toujours dans mon Pain Diary) et je constate à de petites choses que mon amplitude de mouvement augmente imperceptiblement : je peux par exemple manger presque normalement avec la main droite. Mais je ne peux lever mon bras devant moi qu'à 40° et à peu près pareil sur le côté. C'est assez désespérant. Cela dit, j'ai davantage d'amplitude en mobilisation passive (si je maintiens mon bras droit avec mon bras valide par exemple) : j'arrive alors à un peu plus de 90° en élévation et 45° en abduction (sur le côté). Le kinésithérapeute m'amène au-delà et la dernière séance a été assez poussée, ce qui est très fatigant mais sans doute utile. Je continue l'auto-rééducation, mais pas autant que je le voudrais : bizarrement, je me trouve assez vite en état d'épuisement, beaucoup plus rapidement que lorsque j'avais l'attelle.

Votre épaule n'est pas moins importante que votre voiture

Je passe beaucoup de temps à rechercher de l'information et ça n'est pas facile auprès des soignants qui semblent assez peu habitués à être questionnés par les patients. Une kinésithérapeute m'avait fait remarquer que j'étais un cas rare et que les patients tiennent plutôt un discours du type : "C'est vous le professionnel, je vous fais confiance". En ce qui me concerne, je pense que mon job de patient c'est d'être acteur de ma guérison et j'aime beaucoup la philosophie de l'équipe de shoulderdoc, site dont je parle à chaque post, parce qu'il est une mine inépuisable d'informations, y compris pour les patients. Voici d'ailleurs mon interprétation en français de leur page "Being a patient. Things to ask" :

J'achète une voiture
"Lorsqu’on achète une voiture, on consacre beaucoup de temps à chercher la voiture qui nous convient puis on recherche le meilleur constructeur et le meilleur concessionnaire. On peut avoir envie d’une sportive ou d’une familiale mais on choisira toujours une voiture fiable avec un bon service après-vente. C’est la même chose pour tout achat important qu’on est amené à faire. Avons-nous la même démarche lorsqu’il s’agit de choisir un chirurgien ou un thérapeute ?

De plus en plus de gens s’y prennent de cette façon aujourd’hui. Lorsqu’il s’agit de trouver l'information dont ils ont besoin pour prendre les bonnes décisions, les patients réalisent que cette responsabilité leur incombe clairement.

Certaines personnes trouvent plus rassurant de se fier à leurs médecins et thérapeutes pour savoir ce qui est le meilleur pour eux. Mais il s’agit de votre corps et de votre santé. Les situations sont rarement si univoques qu’un professionnel “objectif” puisse faire des choix pour vous. Le chirurgien peut vous fournir toute l’information technique et toutes les statistiques, mais vous seul pouvez juger de ce que vous voulez vraiment.

Les attentes peuvent induire les résultats et parfois le patient s’attend à se retrouver “comme neuf”. Cependant, de façon réaliste, “mieux qu’avant” est ce qu’on peut espérer de mieux. Le résultat technique, comme le voit votre médecin, à savoir l’amplitude de mouvement et la force de votre épaule, ne coïncide pas nécessairement avec votre point de vue sur votre amélioration fonctionnelle. Le résultat ? Un chirurgien satisfait et un patient malheureux.

Il est important que votre chirurgien comprenne exactement ce que vous attendez de votre traitement et que vous compreniez précisément le résultat qui peut être atteint. Tous les médecins ne sont pas à même d’exprimer ces choses clairement et il vous revient de persister dans vos questions jusqu’à ce que tout soit clair pour vous.

Les patients sont souvent inquiets et entendre le mot “chirurgie” ajoute un degré de stress supplémentaire. Il en résulte qu’il est difficile d’absorber et de se rappeler tout ce qui a été évoqué pendant la consultation.

Voici quelques quelques questions auxquelles les patients voudraient des réponses, mais qu’ils ne posent pas toujours :
  • Est-ce une douleur avec laquelle je pourrai vivre ou vais-je agraver mon cas si on n’intervient pas ?
  • Cette procédure est-elle indispensable ou est-elle conseillée ?
  • Existe-t-il des alternatives à la chirurgie ?
  • Dans quelle mesure cela va-t-il améliorer mon état : un peu ou beaucoup ? Demandez des chiffres
  • Cela peut-il attendre ? Que se passera-t-il si je décide d’attendre ?
  • Quel est le temps de récupération ?
  • Combien de temps serai-je en arrêt de travail ? Combien de temps faudra-t-il attendre pour reprendre le sport et les activités de loisir ?
  • Combien de temps de rééducation me faudra-t-il ?
  • Y a-t-il des variantes à cette technique ? Cette procédure est-elle réalisée fréquemment ?
  • Ce chirurgien est-il vraiment le meilleur pour cette opération ?
  • Combien d’opérations similaires réalise-t-il par an ?
  • Quels sont ses résultats ? Le sait-il ? Si oui, comment ?
  • Quelles sont les possibles complications ? Sont-elles fréquentes ?
Il est peu vraisemblable que vous vous rappeliez tout ce que vous aurez évoqué avec votre médecin. Il est possible que celui-ci vous donne des documents complémentaires. Si non, demandez-en. Si vous avez encore des questions par la suite, n’ayez pas peur de le recontacter et posez-les lui. C’est une bonne idée de préparer vos questions avant le rendez-vous.

Lorsque vous choisissez un chirurgien pour une procédure donnée, sachez que ce sont les médecins et les hôpitaux qui pratiquent cette procédure quotidiennement, semaine après semaine, qui obtiennent les meilleurs résultats. Ceci signifie que vous rechercherez un spécialiste de l’épaule et du coude. C’est la même démarche pour ce qui concerne votre kinésithérapeute.

Votre chirurgien peut réparer votre corps, mais le résultat final dépend aussi de vous. Il vous faudra suivre strictement le programme de rééducation. Les exercices peuvent sembler ennuyeux et il peut être difficile de trouver du temps pour les exécuter, mais vous ne pourrez pas obtenir les meilleurs résultats sans cela.

La chirurgie de l’épaule et du coude progresse rapidement et les résultats s’améliorent constamment. De plus en plus, les procédures sont réalisées via de petites incisions, avec un arthroscope : les complications sont moins nombreuses, le temps de récupération plus rapide et la probabilité de reprendre une vie active tout à fait normale est plus grande. Vous êtes un joueur à part entière dans votre équipe de soignants et si vous êtes acteur de vos soins, les choses se passeront mieux.

Posez des questions, discutez de vos attentes, recherchez des informations et vous serez sur le chemin de la guérison."

L Funk, 2005 - Based on the book: Framework by Nicholas A. DiNuble, MD.

Bonne Année avec une carte de Jacquie Lawson : Moins de douleur et plus de mouvement en 2015 pour tous les blessés de l'épaule. Que ce soit l'année de la guérison !




26 déc. 2014

Semaine 10 - 22 décembre 2014

Ma vie en ce moment s'articule autour de deux pôles : la douleur et la rééducation.

La douleur

Le temps passe et la douleur perdure. Je me rassure en lisant partout qu'elle est normale pour ce type de fracture : "Many people will not be pain-free for up to a year following shoulder surgery." (physiodc). Je prends du Tramadol tous les soirs au coucher, ce qui me permet des nuits passables. Mon Pain Diary me montre que la douleur recule, même si elle reste encore au-delà de 5 sur une échelle de 0 à 10. C'est motivant. Je continue aussi à glacer l'épaule, notamment après mes exercices de rééducation et un peu avant de me coucher. Je vais aussi essayer des thérapeutiques alternatives, comme l'homéopathie, l'ostéopathie, l'acupuncture... selon les suggestions du site santé.gouv.fr, notamment dans son document La douleur en questions (page 74 :  Moyens non pharmacologiques, principales approches). Voir aussi mon post précédent sur le sujet de la douleur.

La rééducation

Entre les vacances de Noël et la grève des médecins généralistes, il est difficile cette semaine de tenir mes résolutions de prise de rendez-vous. Je remets ça à début janvier et je me concentre sur la rééducation.

En cabinet

En cette fin de dixième semaine (26 décembre), j'ai fait neuf séances avec le kinésithérapeute (sur 30 prescrites). Je me souviens de son commentaire lors de mon premier rendez-vous le 3 décembre après qu'il ait regardé mes radios et mon amplitude de mouvements : "Bon, on n'est pas rendu !". Les séances débutent généralement par un massage du bras et de la zone voisine (trapèzes, cou, dos) puis on passe à des exercices passifs : le kinésithérapeute mobilise mon bras dans différentes directions. Certaines fois, il me demande d'être active et d'accompagner le mouvement. Je comprends qu'il faut aller jusqu'à la douleur, sans toutefois la pousser trop loin car alors ça devient contreproductif.

A la maison

Je me prépare une routine pour mes exercices en solo à la maison. On trouve beaucoup de conseils sur internet (voir, par exemple, dans ma section Liens utiles la rubrique Rééducation). J'ai sélectionné ces huit exercices sur le site de shoulderdoc, auxquels j'ajoute les levers de tube (debout contre un mur, tenir un tube en carton -ou un bâton- devant soi et le monter à l'horizontale. le bras valide entraînant le bras blessé) :

Ma routine
Source : shoulderdoc.co.uk, notamment la chaîne YouTube de Lennard Funk
le chirurgien orthopédiste qui a créé ce site en 2002.

J'ai réuni ces huit exercices dans une playlist :


Pour ne pas se lasser, on peut varier les exercices. Voici donc quelques variantes du pendulaire et de l'abduction assise :

Petite variante du pendulaire :


L'abduction assise. L'exercice dit Towel Slides (ou encore Table Slides)

Une autre variante du Towel Slides :

Position correcte
Omoplates vers l'arrière et vers le bas
Source : shoulderdoc

Je termine cette série par une détente du trapèze : debout ou assise, relâcher les épaules en bonne position (voir ci-contre), laisser agir la gravité sur le bras blessé et pencher la tête de l'autre côté. Maintenir la position une bonne minute.

J'en profite pour donner cette astuce indiquée par mon professeur de Pilates : travailler aussi le côté non blessé. Non seulement, c'est bon pour la symétrie, mais aussi le "bon" côté montre et apprend au "mauvais" côté comment faire.

Ça va sans dire : consultez votre chirurgien et votre kinésithérapeute avant d'exécuter quelque exercice que ce soit. Chaque cas est particulier.

Joyeux Noël !
Joyeux Noël !

20 déc. 2014

Semaine 09 - 15 décembre 2014


Je résume cette semaine en deux mots : douleur et petits progrès.

La douleur

J'arrive à la fin de la neuvième semaine depuis l'accident et la douleur ne cède pas. Elle est encore très élevée, voire insupportable la nuit (je continue à tenir mon Pain diary pour mon seul bénéfice --et celui de mes éventuels lecteurs ;-). Je suis délivrée de l'attelle depuis deux semaines et les autres pensent que, du coup, on ne souffre plus (moi-même j'avais espéré que ce serait le cas !).

Solitude
It's a lonely world!
Je constate que la douleur est un état qu'on doit gérer tout seul, malgré ce qu'on peut lire dans les médias. Je ne vois nulle part autour de moi une prise en charge de la douleur par les soignants que je côtoie. Ceci ne remet pas en cause leurs compétences professionnelles. Mais, en tout cas pour ce qui me concerne, je fais le constat que la prise en charge de la douleur n'est pas une compétence professionnelle de leur métier. Ça semble plutôt relever de leur degré d'empathie et être en quelque sorte "à côté" (ou en plus) de leur pratique professionnelle. Or, je le disais déjà la semaine dernière : la douleur est source d'anxiété. On voudrait savoir si elle est "normale" à ce stade de l'évolution de la fracture. Sans réponse de mon environnement de soignants, je me tourne vers mon blog favori : Shoulder Diary - From injury to Recovery. L'auteur a fait un point deux ans après son accident et ce post a généré près de 600 commentaires. On y voit que les victimes de ce type d'accident souffrent beaucoup et longtemps. Je me situe donc apparemment dans la norme.

En creusant le sujet de la douleur, je découvre sur santé.gouv.fr que "l’évaluation et la prise en charge de la douleur constituent un véritable enjeu de santé publique. La loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé du 4 mars 2002 reconnaît le soulagement de la douleur comme un droit fondamental de toute personne. La lutte contre la douleur est également une priorité de santé publique inscrite dans la loi de santé publique de 2004."

Ce site est très informatif : on y parle notamment :

Des différents types de douleurs 

  • Catégorisées selon leur durée : aiguës ou chroniques 
  • Ou selon leur mécanisme : norireceptive (suite à une blessure, une piqûre...), neuropathique (consécutive à une lésion nerveuse), psychogène (suite à des troubles psycho-pathologiques)

Des outils d'évaluation de la douleur

  • Echelle numérique (EN) : on donne une note de 0 (Pas de douleur) à 10 (Douleur insupportable) en fonction de la douleur ressentie
  • Echelle visuelle analogique (EVA) : le patient déplace un curseur sur une échelle horizontale graduée de Pas de douleur à Douleur maximale imaginable.
  • Echelle verbale simple (EVS) : le patient indique au soignant le palier où se situe sa douleur, sur une échelle de 5 paliers : de 0 : Absence de douleur à 4 : Douleur extrêmement intense

Des professionnels ressources

A savoir :
  • Les professionnels de santé : le médecin traitant, le pharmacien, le médecin de garde, le médecin spécialiste, l'infirmière
  • Les structures spécialisées dans la prise en charge des douleurs chroniques

Et des informations sur l'action des Pouvoirs Publics 

  • Les différents plans : 1998-2000, 2002-2005, 2006-2010 
  • Les priorités : notamment la formation initiale et continue des professionnels de santé

Si vous visitez le site santé.gouv.fr, pensez à télécharger les documents figurant au bas de la page : La douleur en questions, Votre douleur, parlons-en, Comment lutter contre les idées reçues sur la douleur. On y apprend beaucoup.

Le simple fait de constater que la douleur qu'on ressent est un objet d'études, que le législateur la prend en compte, que des structures ou des équipes soignantes intègrent sa prise en charge dans leurs pratiques est déjà un réconfort. Mais comme dans les process qualité, parfois (souvent ?), pour de multiples raisons (manque de temps, désir de simplification...), on ne respecte que la lettre et non l'esprit.

Après la lecture des informations du site santé.gouv.fr, je décide de me tourner d'abord vers mon généraliste et de chercher aussi du côté d'autres thérapeutiques comme l'acupuncture, l'homéopathie, l'ostéopathie. Priorité pour la semaine prochaine : prendre des rendez-vous.

Les petits progrès

Je n'arrive pas à mesurer l'amélioration de mon amplitude de mouvements : j'ai le sentiment que la progression est minime. Cependant, j'arrive maintenant à exécuter des petites activités de la vie quotidienne qui m'étaient impossibles la semaine dernière : mettre des boucles d'oreilles, porter (difficilement) une fourchette à la bouche avec la main droite.

Et nos amis les people ? 

Bono après l'accident
Vous vous en souvenez peut-être : Bono et Lorànt Deutsch ont récemment eu un accident de deux roues (vélo pour Bono et scooter pour Lorànt Deutsch). Bono a été vu à Dublin le 16 décembre, le bras encore dans une attelle. On dit qu'il fait de la rééducation deux fois par jour. Lorànt Deutsch, lui, a évoqué son accident dans l'émission Salut les Terriens sur Canal+). Même s'ils font bonne figure, je me dis qu'ils souffrent sûrement beaucoup et qu'ils se font du souci pour leur carrière. Keep your chin up, Guys!


10 déc. 2014

Semaine 08 - 8 décembre 2014

Je suis maintenant un(e) vétéran(e ?) pour tout ce qui concerne l'adaptation à la vie quotidienne avec un seul bras valide (s'habiller, se laver, se coiffer, manger, dormir, etc.). Cette semaine je me focalise sur deux points qui me préoccupent : la douleur et les cicatrices post-opératoires. Je mets aussi toute mon application à la rééducation.

La douleur

J'en suis à la deuxième semaine hors de l'attelle et contre toute attente, la douleur est majeure et vraiment obsédante.

On a vite le sentiment d'une perte totale de contrôle en cas de douleur. D'abord, on voudrait savoir :
  • Qu'est-ce qui fait mal ? Les os, les muscles, les tendons, les cartilages ? Sans doute un peu tout à la fois. Mais mon cerveau sait par exemple différencier une douleur digestive d'une douleur articulaire. Or dans le cas du bras et de la région de l'épaule, la douleur semble multiple et être partout.
  • Est-ce normal ? Ça va-t-il durer ? Je pourrai m'en accommoder si j'avais une idée du temps qu'il faut, en moyenne, pour que la douleur cède.
  • N'y-a-t-il pas d'autres choses à faire pour combattre la douleur (outre la prise d'antalgiques) ?
Ignorance is bliss
I'm no Calvin !
Les professionnels répondent que chaque cas est particulier et qu'il est difficile de donner des indications (je le comprends, mais il existe forcément des études sur le sujet). On est encouragé à ne pas y penser et à rester positif. Mais l'ignorance et la passivité (même positives) ont un effet discutable sur mes douleurs. 

Je me tourne une fois de plus vers Shoulderdoc qui reste tout en haut de ma liste des sites indispensables pour comprendre ma fracture et ses suites. On y parle de la douleur à de nombreux endroits du site, notamment ici. Je décide de glacer mon épaule pendant quinze minutes plusieurs fois dans la journée (attention : il faut penser à ne pas poser le pack de glace directement sur la peau pour ne pas la brûler). Il me semble que ça apporte un certain soulagement. J'utilise un cold/hot pack trouvé en pharmacie, mais beaucoup de sites préconisent les petits pois surgelés (en sachet !). Le cran au-dessus, c'est la cryothérapie au moyen d'attelles spéciales (pour des cas spéciaux, je suppose).

Toujours  inspirée par Shoulderdoc, je tiens mon Pain Diary (je ne me résous pas à le dire en français : toutes les traductions sont trop déprimantes : Journal de douleur, Carnet de consigne de douleur...). Il existe une App pour l'iPhone (mais pas pour Android), mais on peut aussi utiliser le pdf fourni par Shoulderdoc. Pour ce qui me concerne, je tiens ce journal sur une feuille de calcul Google. Bien sûr, ce journal est idéalement destiné au dialogue patient/soignants. Mais même si je suis la seule à m'en servir, ça me donne du recul et, sur la durée, sans doute de l'optimisme.

Les cicatrices post-opératoires

J'ai une longue cicatrice sur le haut de l'épaule (environ 20 cm) et deux autres, plus petites sur le côté du bras (l'une de 3 cm et l'autre de 5 cm). Elles me semblent avoir un aspect satisfaisant (merci au chirurgien) et je suppose qu'avec des soins appropriés, je peux espérer qu'elles se fassent discrètes avec le temps.

Là encore, je trouve des réponses sur le site de Shoulderdoc. Il semble qu'il y ait un consensus chez les professionnels sur les bienfaits du gel topique de silicone pour la cicatrisation de la peau, même si la façon dont il agit est encore sujette à débat (ce pourrait être l'hydratation, plutôt qu'une propriété particulière de la silicone elle-même, qui améliore la cicatrisation).

Ma pharmacienne m'oriente sur le gel Kelo-cote :



















Plus d'informations sur le site de Kelo-cote.

Ce gel existe en petit tube et en spray. Il est assez cher (33 € pour le tout petit tube), mais on en met vraiment très peu (la valeur d'un grain de riz). On peut l'utiliser dès que la cicatrice est refermée et après le retrait des sutures. Pour ce qui me concerne, je commence donc huit semaines après l'opération et quatre jours après le retrait des agrafes. L'idée, c'est de l'utiliser sur la durée (plusieurs mois). Il faut veiller à surtout de pas en mettre trop (la valeur d'un grain de riz), sinon il ne sèche pas et il faut retirer l'excédent. Je le trouve très facile d'emploi et ma confiance dans le produit ajoutera sans doute un effet placebo bienvenu !

La rééducation

J'écris ce post le mercredi soir de cette huitième semaine et je sors à l'instant de ma quatrième séance (sur 30 prescrites). La fréquence sera vraisemblablement de trois séances par semaines, si possible. Le kinésithérapeute masse le bras et notamment le haut de l'épaule, y compris la cicatrice avec un appareil qui me semble décoller les tissus. Puis suivent les mouvements passifs : je suis allongée sur le dos et il mobilise mon bras dans différentes directions. Difficile de rester décontractée et de laisser le mouvement se faire. Mais j'ai confiance et je fais de mon mieux.

Le pendulairePar ailleurs, comme indiqué par mon kiné, je fais au moins quatre séries de pendulaires dans la journée, chez moi. Il m'a aussi donné un tube en carton (ces tubes qui servent à envoyer des affiches par la poste). Je le tiens devant moi, avec les deux bras tendus vers le bas et les abdominaux bien serrés et en étant bien centrée et je lève le tube (enfin, j'essaie).

Pendulaire : les cerclesJe relis aussi ces bons conseils du Centre Orthopédique de Provence à leurs patients pour la rééducation de l'épaule.

Ces deux premières semaines sans attelle m'ont bizarrement épuisée : j'ai très peu fait de vélo d'appartement et même de Pilates. Il faut se reprendre !


Voir les conseils de epainassist (au bas de la page).

4 déc. 2014

Semaine 07 - 1er décembre 2014

Je passe à la deuxième phase de cette (més)aventure : le retrait de l'attelle et le début de la rééducation. Et j'ai de bonnes et de moins bonnes nouvelles !

La visite chez le chirurgien

Le penseur de Rodin
Que ressentent les statues ?
Mais d'abord, un rapide compte rendu du rendez-vous avec le chirurgien. Il a tout bonnement coupé le Dujarrier avec des ciseaux et j'ai été ravie de le voir finir à la poubelle (je ne voudrais cependant pas me montrer ingrate envers l'inventeur de ce gilet car c'est grâce à lui que mon os a cicatrisé correctement). Mes craintes à propos de manoeuvres douloureuses pour évaluer mon amplitude de mouvements du bras blessé étaient infondées, Dieu merci ! Et le retrait des agrafes est par ailleurs totalement indolore. Le chirurgien a mis un pansement à leur emplacement ; je pourrai l'enlever quarante-huit heures plus tard et doucher aussi cette zone (pour les bains, il faut attendre huit jours. Mais qui prend encore des bains aujourd'hui ?). Au sortir de l'attelle, mon bras est très douloureux et pend bizarrement, avec le coude encore à moitié plié. Cet enraidissement est normal et devrait disparaître (Mais quand ?). J'ai l'impression que mon avant-bras est en pierre et que ma peau est beaucoup trop serrée autour de l'épaule et de tout le bras.

Les réponses à mes questions

J'ai pu poser un certain nombre de mes questions au chirurgien. Pour les autres, son assistante (je suppose qu'elle est infirmière puisqu'elle est aussi en salle d'opération) me propose d'y répondre au téléphone ou par mail.

J'ai retenu ceci :

Dans des cas comme le mien, il est nécessaire de retirer le matériel une fois sur deux, pour cause de gêne du patient. Ce n'est pas anodin et ça ne se fait pas avant environ neuf mois / un an. On essaie d'ailleurs de ne retirer que les éléments qui gênent (une ou plusieurs vis ; le clou huméral étant profond, il ne devrait pas poser de problèmes).

Si au final j'arrive à lever le bras à 120°, on pourra considérer que c'est satisfaisant. Je prends ça comme une très mauvaise nouvelle. Cela dit, aujourd'hui, je ne peux le lever que de 10° grand maximum. Bien sûr, il faut que je me programme pour franchir cette barrière des 120°, quel que soit le temps que ça prendra.

Sac en papier
A mes questions sur la rééducation, le chirurgien répond qu'aucun accessoire n'est nécessaire pour les exercices à la maison et que c'est le kinésithérapeute qui me donnera les indications pour exécuter ceux-ci. Je ne relève pas d'un centre de rééducation et je peux m'adresser à un bon kiné de mon choix. Il m'indique aussi un kinésithérapeute qu'il recommande si je n'en ai pas. Il prescrit trente séances de rééducation et il me montre aussi deux mouvements à faire d'ores et déjà : détendre l'épaule blessée et laisser agir la gravité pour faire pendre le bras et, par ailleurs, prendre un petit sac dans lequel on met un peu de poids et le tenir devant soi en levant le bras (mon interprétation de cet exercice : un petit sac Sephora lesté d'une ou deux pommes).

Il me reverra dans deux mois (avec une radio de contrôle).

A mes questions concernant les références ou le contact avec d'autres patients, il répond que chaque cas est unique et qu'il vaut mieux éviter de s'égarer sur internet. End of story.

La rééducation

Le dilemme

J'ai déjà une très bonne kinésithérapeute qui m'aide en ce moment pour les douleurs de mon bras valide. J'ai confiance en elle et j'apprécie la relation que nous avons. Dans un premier temps, je décide de continuer avec elle pour la rééducation. Mais je suis d'un naturel inquiet, encore accentué dans ces circonstances, et je prends différents avis autour de moi. Après bien des hésitations, je finis par opter pour le kinésithérapeute recommandé par le chirurgien (je me dis qu'il aura un accès plus facile à celui-ci si ma rééducation ne se passe pas comme prévu). Cette fracture, c'est l'événement majeur de ma vie de patient et c'est un cas particulier (j'ai eu une fracture du sternum il y a quelques années, mais c'était du gâteau à côté de celle-ci). J'espère que ma kinésithérapeute ne m'en voudra pas trop, mais je garde un sentiment de culpabilité :(

La première séance

Mercredi : J'ai beaucoup d'appréhension, mais le contact est bon avec le kinésithérapeute. Il détend les muscles et les tissus autour du coude avec la technologie INDIBA® Activ. Concrètement, ça consiste à masser la région concernée en même temps qu'il passe une pièce, que je ressens comme assez chaude. A ma demande, je ressortirai du cabinet avec une brochure explicative sur la technologie en question (voir ici ce qu'en dit un kiné nîmois).



Il mobilise aussi légèrement mon bras et la douleur reste supportable. Il m'indique deux exercices à faire à la maison (je décide de les ajouter à ceux préconisés par le chirurgien) : le fameux pendulaire (je suis pour le moment loin de bouger le bras avec autant d'amplitude que cette jeune femme) :



et l'élévation du bras devant moi, un peu comme l'exercice du sac de pommes, mais en détendant bien le coude à chaque fois (très, très dur !).

Prochaine séance : vendredi.

La première nuit hors de l'attelle

Grosse déception : je m'attendais à un mieux-être et aussi à une diminution de la douleur, mais c'est tout le contraire. Outre les douleurs auxquelles je me suis habituée : celle due à l'enraidissement du coude et les douleurs collatérales (bras gauche, cervicales), mon épaule droite semble à nouveau être écrasée sous un camion ! Impossible de dormir en dépit des antalgiques. Je préfère me lever au bout de quelques heures pour chasser les idées noires. Debout et en activité, la douleur devient plus supportable (mais il faut bien dormir un peu !).

Je me dis que l'intérêt de ce blog pour les éventuels lecteurs récentes victimes de fractures, ce sera de voir, quelques posts plus loin, que ce n'était qu'une phase et qu'il ne faut pas désespérer.

Une note positive, quand même : c’est tout récent : je peux maintenant écrire de façon assez lisible avec ma main droite.


27 nov. 2014

Semaine 05 - 17 novembre 2014

La douleur

Les bandes KT Tapes
Evidemment, c'est moins glamour sur moi...
Depuis la semaine dernière, outre la douleur à l'épaule blessée, j’ai une gêne assez forte au bas de l’omoplate droite. Je suppose qu’elle est provoquée par des micro-mouvements involontaires. La kiné pourra peut-être traiter la zone aux ultrasons. Finalement, elle me place des KT Tapes sur l’épaule gauche. Si j'ai tout compris, ces bandes qui existent dans toutes sortes de couleurs qui claquent, sont destinées à soutenir le muscle et l'articulation sans entraver le mouvement. Les stars du sport en sont folles et on voit maintenant ces bandes bizarres dans toutes les manifestations sportives. Mais pour le glamour, en ce qui me concerne, c'est un peu raté : mes bandes sont beige orthopédique et n'ajoutent rien à mon sex-appeal !

Lire / écrire

l'Application Kindlr
Essayer de tenir un livre avec un seul bras (gauche) et de tourner les pages s’avère vite impossible. Heureusement, on est en 2014 : je fais chauffer mon application Kindle sur mon iPad (elle existe aussi pour Android). On peut ainsi lire sur tous ses appareils (iMac iPad, smartphone, etc.) les contenus qu'on a téléchargés. Pas besoin d'acheter une liseuse Kindle !

La synthèse vocale ne m’a pas convaincue sur la distance : corriger les erreurs est finalement plus consommateur de temps que de taper de la main gauche.


Breaking News (je n'ai pas pu résister au jeu de mots)

Le chanteur Bono
Bono aussi ! Le lead singer de U2 s'est cassé en plusieurs morceaux hier en faisant du vélo à Central Park. Bilan : trois factures de l'omoplate, fracture ouverte de l'humérus (du côté du coude), plus un petit doigt et une orbite cassés. Son chirurgien déclare qu'il aura besoin de rééducation intensive et progressive, mais qu'il devrait récupérer à 100 % (ça, c'est pour rassurer les financiers, je suppose). J'apprends aussi qu'il a eu récemment un accident d'avion : l'arrière de la cabine s'est détaché ! Et s'il porte des lunettes de soleil, ce n'est pas pour frimer, mais parce qu'il souffre d'un glaucome. C'est vraiment la loi de Murphy pour lui en ce moment. Pauvre Bono !


26 nov. 2014

Semaine 03 - 3 novembre 2014

Les assurances

Je n’y avais pas pensé, mais on me l’a suggéré : même si la personne responsable de l’accident n’a pas voulu s’identifier, il est utile pour l’accidenté de contacter son assurance. Dans mon cas, mon contrat me permet de bénéficier de quatre heures hebdomadaires d’aide à domicile pendant trois semaines. Je déciderai finalement de ne pas utiliser cette possibilité : j’ai un mari qui m’aide et quelqu’un qui prend en charge les plus gros travaux ménagers, et je préfère rester le plus possible autonome.

L’assureur demande évidemment tout ce qui peut documenter le sinistre : certificats médicaux, arrêt de travail, compte rendu opératoire, témoignages, etc. Il faut aussi conserver une preuve de toutes les dépenses en relation avec l’accident et envoyer un récapitulatif lors de la consolidation. Je découvre à cette occasion qu’il est utile de déclarer les accidents causés par des tiers, même non identifiés, à la Sécurité Sociale. Ça peut même se faire en ligne. L’idée, c’est de permettre à la Sécurité Sociale de se retourner vers l’assureur du tiers pour récupérer les montants des prestations à la victime. La Sécurité Sociale donne aussi ce conseil : “Signalez-le à tous les professionnels de santé que vous consultez pour des soins en rapport avec cet accident : médecins aux urgences, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes... Ils cocheront alors la case relative à cette information sur vos feuilles de soins.”

Dans mon cas, je ne pense pas que ces déclarations aient une quelconque incidence sur l'évolution administrative future de cet accident, mais Better safe than sorry !

La douleur

La douleur
Elle est encore très présente, mais je ne prends plus les antalgiques qu’une ou parfois deux fois par jour. Le poids du bras qui tire sur les passants de l’attelle au niveau de la nuque n’arrangent pas l’arthrose et le bras gauche toujours très sollicité est douloureux au niveau de l’épaule, du coude et aussi du pouce. Avec la kiné nous avons décidé d’abandonner les massages et de passer plutôt à des étirements du bras gauche et à des ultrasons sur l’épaule gauche et le pouce. Elle me dit que l'efficacité des ultrasons n'est pas vraiment prouvée (ils ne sont d’ailleurs pas toujours efficaces). Mais pour ce qui me concerne, je constate une amélioration. Je fais deux séances par semaine et on garde le même protocole.

Dormir

Je commence les nuits en position assise et j’essaie aussi la position allongée. Je ne la supporte pas longtemps : le bras cassé glisse vers l’arrière et devient vite douloureux, me forçant à continuer en position assise. Même comme ça, le poids du bras cassé sur l'estomac devient parfois insupportable.

Semaine 02 - 27 octobre 2014

La douleur

Mon bras gauche, très sollicité, se rebiffe, ainsi que mes cervicales. Je me décide à une visite chez le généraliste pour quelques conseils.

Il prescrit douze séances de kinésithérapie, avec des doutes sur ce que pourra faire la kinésithérapeute, à ce stade (il s'agit non pas de toucher à l'épaule blessée, mais juste d'essayer de soulager les douleurs collatérales). Je commence la kinésithérapie quelques jours plus tard, d’abord avec des massages des trapèzes (ils sont en feu !) et du dos. J’ai une sensation de soulagement sur le moment, mais juste après la troisième séance, j’ai de fortes douleurs dans tout le bras valide. Elles semblent vraiment résulter du massage énergique et mettront quelques heures à s’estomper.

L’higiène personnelle

Une bonne coupe
Une bonne coupe
Une nécessité : adopter une coupe de cheveux basse maintenance. Dans mon cas, une coupe très courte qui rend moins pénible l’opération shampoing / séchage. L’expédition chez mon coiffeur habituel a néanmoins été une épreuve, notamment à cause de la douleur, toujours très présente, et de la crainte (la hantise !) qu’on ne me touche involontairement l’épaule.

Je reprends un peu d’assurance et je me douche maintenant prudemment le bas du corps dans la baignoire.

L’activité physique

Je remplace mes deux heures hebdomadaires de cours collectifs de Pilates et mes exercices quotidiens par une heure de cours particulier hebdomadaire avec mon professeur. Elle me conseille des exercices adaptés et je les pratique aussi tous les jours seule chez moi. J’ajoute par ailleurs un peu de vélo d’appartement, mais ce n’est pas très agréable : on finit par transpirer et sous l’attelle, c’est presque insupportable : je me limite à des séances de quinze minutes suivies de cinq minutes d’étirements. La marche à pied s’impose, mais les bénéfices sont gâchés par la hantise d’être heurté (on est à Paris !) ou de tomber : il pleut ou c’est humide et il y a des feuilles partout sur les trottoirs, qui ne demandent qu’à vous faire glisser.

S’habiller

Poncho
Pratique et à la mode
Il ne fait pas encore très froid. J’investis dans un poncho. Il a pour avantage de cacher complètement l’attelle. Mais du coup on ne se rend plus compte que je suis handicapée et chaque personne qui s’approche me semble une menace ! Je réalise qu'on passe vite de l'état de femme active à celui de personne âgée fragile et craintive. Ça n'est sûrement que passager !

Semaine 01 - 22 octobre 2014

Difficile la première semaine d’avoir une activité qui s’approche de la normale. Je suis absorbée par la gestion de la douleur et les mille et un petits problèmes posés par les gestes quotidiens (la liste est longue de tout ce qu'on ne peut plus faire, sinon au prix de gros efforts).

Mon premier réflexe est de me renseigner d’abord sur les fractures de l’humérus et ensuite sur l’ostéoporose (j'en parlerai dans un autre billet)). Les blogueurs (tous anglophones, plus un français), m'ont aidée à ne pas céder au pessimisme. L’intérêt de ces blogs, c’est qu’ils s’inscrivent dans la durée : on suit l’aventure depuis l’accident jusqu’à quelques années plus tard pour certains. C’est rassérénant de voir que leurs auteurs ont souvent complètement récupéré.

Je comprends que l'épaule est une articulation complexe (la plus mobile du corps ?). De nombreuses vidéos en expliquent le fonctionnement. Celle-ci me semble dire l'essentiel en moins de deux minutes. Mais pour en savoir davantage, rien de tel que les vidéos 3D de Lyon 1, comme par exemple celle-ci :


La douleur

Epaule douloureuse
Le chirurgien m’a prescrit des comprimés de Lamaline (paracétamol, opium, caféine). J’ai retenu d’une récente opération du pied qu’il ne faut pas laisser la douleur s’installer et je prends scrupuleusement les comprimés. Je ne constate pas d’effets secondaires gênants. En revanche, il me faut prendre pendant dix jours du Celebrex, un anti-inflammatoire que je redoute pour ses possibles effets sur l’estomac. Mais le Mopral qu’on m’a prescrit également pendant dix jours a globalement bien fonctionné.

Il faut aussi gérer les petits bobos et l’inconfort. L’orthopédiste avait laissé dépasser de l’attelle le bout de trois doigts de ma main droite, mais dès la première nuit la main a glissé dans le manchon de l’attelle et le bras était tellement gonflé, et l’épaule si douloureuse, qu’il a fallu bien des efforts pour arriver à la sortir à nouveau, avec l’aide de mon mari. J’avais aussi une ampoule à la main, provoquée par le bandage, vraiment gênante et totalement hors d’atteinte. Je finirai par arriver à la recouvrir d’un pansement spécial ampoules qui me soulage bien. Il faut aussi gérer les démangeaisons sous l’attelle (activité peu ladylike !).

Dormir

Dormir
Le sommeil : allégorie !
C’est un vrai problème et ça le restera encore pendant les semaines suivantes. Il faut se résigner à dormir assis. C’est très inconfortable et si on a des problèmes d’arthrose dans les cervicales, ça semble les agraver. Je vois sur tous les blogs anglo-saxons que les gens dorment dans des recliners, mais je n’ai pas ça chez moi et je n’en trouve pas en location. J’ai donc recours à des empilements savants d’oreillers. Le résultat n’est pas vraiment satisfaisant.

L'hygiène personnelle

Dentaire

La Papilli Fork
Très astucieux.
Un impératif si on ne l’utilise pas déjà : passer à la brosse à dents électrique. Par ailleurs, pas question bien sûr d'utiliser le fil dentaire avec la seule main gauche : ma pharmacienne me trouve un petit outil absolument parfait : la Papilli Fork. On peut tendre sur ce petit support son fil dentaire préféré. J'ai aussi acheté sur Amazon les dental flossers jetables Plackers Gentle Fine, suggérés par une compagne d'infortune. Je confirme qu'ils sont très pratiques aussi.

Corporelle

Impossible donc de doucher le haut du corps. La solution, c'est de recourir aux lingettes. Difficile au début d'arriver à passer sous le bras, même précautionneusement, à cause de la douleur encore très aiguē. Mais ça finira par devenir plus aisé. Une impossibilité toutefois : laver le bras valide. Il faut se résoudre à demander de l'aide.

Pour le bas du corps, on arrive à se doucher, même avec un bras gauche. Mais si on a une baignoire, il faut être extrêmement prudent : les deux premiers jours, un peu par désespoir, je m'y suis risquée, mais j'ai ensuite perdu confiance et je me suis résignée au lavage au lavabo. J’ai envisagé l’achat d’une sorte de banc qu’on pose sur sa baignoire pour pouvoir prendre des douches avec moins de risques, mais après investigation, j’y ai renoncé : ces équipements sont chers et vraiment moches.

Les cheveux

Se laver les cheveux seule au lavabo avec seulement un bras gauche est un réel challenge. Mais on y arrive. On finit pas inventer des astuces : mettre le shampoing dans une coupelle avant de commencer, c’est plus facile que de presser le tube au moment où on en a besoin. Pour le séchage, je suspends le séchoir par un crochet à un bouton de porte d’une armoire de salle de bain en hauteur. Une alternative serait d’investir dans un support.

S’habiller

S'habiller : un challenge
Rester élégant !
Tout le haut du corps est prisonnier (sauf le bras gauche). Impossible d’enfiler un t-shirt ou une chemise. Je me résous à mettre un t-shirt d’homme que je passe par-dessus mon bras cassé. Ce n’est pas très pratique parce que du coup les doigts de la main droite ne sont plus accessibles alors qu’ils aident dans bien des activités. Je sacrifie un t-shirt en découpant un passage pour l'extrémité libre de ma main. J'essaie aussi la chemise d’homme que je boutonne un peu en haut, ce qui a l’avantage de permettre d’accès à la main droite. Dans les deux cas, le résultat esthétique est discutable.

L’alimentation

Les brocolis
Il a tout bon !
Je me documente sur ce qui favorise la cicatrisation des os : ça n'est pas simple de s'y retrouver quand on est béotien sur le sujet (je suis végétarienne pour des raisons éthiques mais je ne suis pas particulièrement calée en diététique). A ce stade de mes investigations, je retiens qu’il vaut mieux adopter une alimentation alcalinisante et éviter tout ce qui est acidifiant. Je supprime totalement le verre de vin rouge du dîner et les 4 Nespresso quotidiens et je force sur les crucifères (brocolis, etc.) et les légumineuses. Je reviendrai sur le sujet de l'alimentation dans un prochain post.

Je découvre par ailleurs qu'il est conseillé pour garder un bon squelette de s'exposer au soleil un quart d'heure par jour, la peau à nu, bien sûr et sans écran solaire. Je profite de chaque rayon de soleil pour transformer mon salon en solarium.